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Ma main, regarde, elle est sans peau, elle est sans os, elle continue à me fouiller, elle continue à te chercher, dans le sable qui est dans le sang, dans la nuit qui est dans la nuit, sous les ronces, les fers, les lames, les verres. Quand je te verrai, j’arrêterai de mourir comme on arrête de vivre. Mes membres seront noirs et blancs. Ils seront en repos sous le sol que tu foules, à l’envers des nuages. Tu me prêteras tes bras, tes jambes, tu m’emporteras là où je t’attends, là où je t’attends.
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Ma main, regarde, elle est sans peau, elle est sans os, elle continue à me fouiller, elle continue à te chercher, dans le sable qui est dans le sang, dans la nuit qui est dans la nuit, sous les ronces, les fers, les lames, les verres. Quand je te verrai, j’arrêterai de mourir comme on arrête de vivre. Mes membres seront noirs et blancs. Ils seront en repos sous le sol que tu foules, à l’envers des nuages. Tu me prêteras tes bras, tes jambes, tu m’emporteras là où je t’attends, là où je t’attends.
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A me mani, vidi, hè senza pedi, hè senz’ ossa, cuntinivighja à sbulicà mi drintu, cuntinivighja à circà ti, in a rena chì stà ‘n u sangu, in a notti chì stà ‘n a notti, sutt’à i lamaghji, i farra, i faii, i vetra. Quandì ghje ti vidaraghju, m’arristaraghju di mora com’e a parsona s’arresta di viva. I me membra sarani neri è bianchi. Sarani à u riposu sutt’à a tarra chì tu calcichi, à l’inversu ‘lli nivula. Mi pristarè i toia, mi pristarè i to braccia, i to ghjambi, mi purtarè culà indò chì ghje t’aspettu, culà indò chì ghje t’aspettu.
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in --- Lettre Pourpre et autres textes --- ed. Brandes ---
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trad. Stefanu Cesari ©
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technorati tags: Christian Bobin

3 commentaires:
votre blog est très beau, j'adore cette idée de traduction, les photos... une découverte..je vis en Corse aussi, je suis éblouie.
merci, merci beaucoup...
que la poésie nous éclaire encore...
à bientot
SC
Nous sommes tous éblouis par cette lumière incertaine et pourtant vrai que tu distilles chaque jour. et si le silence est parfois la seule réponse c'est que dans ce silence il y a mille et mille choses qui ne peuvent s'écrire.
Norbert
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